Le Citoyen expert...

Le citoyen expert s'invite dans le débat public !


    1789 c'est la Révolution en France. La grande majorité des citoyens, qui ne le sont pas encore du reste, veulent affirmer leur capacité à contribuer à la grandeur de la nation. Il s'agissait par conséquent d'expliquer au souverain dont les hommes et les femmes n'étaient que les sujets, leur volonté d'exister comme des êtres capables de produire une réflexion, de déterminer une position au même titre que les lettrés et les nantis.
Dans les colonies, les africains déportés aux Antilles, en Guyane passaient ainsi du statut de bien meubles à celui d'individus titulaires de droits et non plus seulement d'obligations. Par la suite, ils accéderont également au statut de citoyen.
La citoyenneté qui est perçue aujourd'hui comme une valeur inestimable montre à quel point à toutes les époques de l'histoire, des oligarchies (élites puissantes) ont tenté de s'accaparer le pouvoir de connaître, de convaincre et de décider. Aujourd'hui, on assiste à une inversion de tendance à en juger par le vocabulaire employé tant par les politiques nationaux que locaux. L'expression consacré est : " être sur le terrain ". Ce terrain n'est pas autre chose qu'un rapprochement quasi permanent avec les citoyens ordinaires auprès de qui on va requérir l'expertise.

Le citoyen électeur est un expert...

Longtemps on a cru que la politique était l'affaire de spécialistes tant pour ceux qui s'engagent que ceux qui conseillent. Les personnes titulaires d'un mandat sont encore classées dans une catégorie intitulée : " personnel politique ". En outre, il n'est pas rare d'entendre que la politique est un métier, une profession qui exigerait des qualités dont ne pourraient se prévaloir le plus grand nombre. Or, aux antipodes de cette conception qui est à la fois réactionnaire, conservatrice et surannée, les individus qui contribuent à la croissance économique, qui émargent à l'impôt souhaitent s'impliquer davantage. Et ils le manifestent. Si ces dernières années, les électeurs-citoyens avaient boudé les urnes ou orientaient leurs choix vers les extrêmes, on notera que le phénomène abstentionniste n'a jamais atteint des records pour les élections locales encore moins pour les élections municipales. 

Le citoyen-électeur ne s'est jamais départi de son droit de participer, conquis de haute lutte depuis des années, et simplement depuis 1945 pour les femmes. Partie intégrante de la structure sociale dont ils sont d'ailleurs les premiers acteurs, les citoyens électeurs n'ont jamais déserté l'arène de la décision publique et politique. Alors que le phénomène abstentionniste alimentait les chroniques des journalistes et des chercheurs, les citoyens électeurs étaient de plus en plus nombreux à créer des associations pour mieux peser sur la décision publique (défense de l'éducation nationale, droit des enfants, fiscalité, aide humanitaire, sécurité etc.). L'implication des citoyens électeurs sur un autre terrain que celui du suffrage universel a contraint " les professionnels de la politique " à instaurer la mode des listes d'ouverture : on ne pouvait plus rester entre soi détenteurs de la science infuse ! Ainsi, des listes plus nombreuses ont comporté ce qu'on appelle abusivement " les citoyens ordinaires ", ce qui supposerait qu'il existerait une catégorie de " citoyens extraordinaires ". On nous permettra d'en douter. Au fond, on aura compris que tous les citoyens quelque soit leur niveau d'éducation, de revenu, de formation sont capables d'apporter une contribution substantielle aux affaires publiques pour un meilleur fonctionnement de la société, de la cité. Ils sont donc détenteurs d'une capacité d'expertise. 
Les gouvernements de la République n'échappent pas à ce qui semble constituer une nouvelle règle puisque les personnes de la société civile ont fait depuis quelques années leur entrée au gouvernement. La liste que j'ai l'honneur de conduire défend cette idée du citoyen expert. L'inclusion sociale doit supplanter l'exclusion. On ne trouvera guère de voix pour contester ce qui est une évidence. Par conséquent, les politiques publiques, qu'elles soient nationales ou locales doivent requérir l'avis du plus grand nombre même si en bout de course il faut décider ! L'essor pris par la démocratie locale en l'espace de dix ans dans les textes législatifs en attestent (lois du 6 février 1992 et 28 mars 2003).

Le citoyen expert est celui qui réclame une diversité de l'offre politique, le citoyen expert est celui qui saisit les autorités publiques, les interpelle, suggère, propose. Le citoyen expert est celui qui participe à la vie politique locale. Nous en sommes !

Catherine LAMA


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